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"Articles 2016-2010" de Rolland Hénault

Suivis ou précédés des « Articles 2009-2006 » et « Articles 2005-2001 »

Merci à Élizabeth pour ces 1500 pages,au style si réjouissant de notre regretté pote Rolland, parus dans une dizaine de journaux (dont les fameux : La Bouinote, Union pacifiste, Le Libertaire, Le Monde libertaire, Le P’tit stupéfiant, etc.)
Éditions de l’Impossible, 18€/volume (+ port 4€), 532p

Les monologues de Rolland Hénault, toujours vivant ! Deux ans après sa mort, Rolland Hénault voit encore son œuvre remplir la bibliothèque de ses aficionados, avec trois nouveaux volumes. Des œuvres posthumes écrites bien avant sa mort, des œuvres inédites, peu après son départ pour le néant, et maintenant, trois volumes d’un coup, qui sont une compilation d’articles écrits et parus dans différents journaux, entre 2001 et 2016. Une trilogie qui, pour ne pas paraître chronologique, a été montée à l’envers, avec un volume 1 qui démarre par ses dernières réflexions, et un volume 3 qui se termine par ses premières publications. Déstabiliser, brouiller d’éventuelles pistes, mépriser la normalité, hisser ses différences….C’est ainsi qu’aimait vivre Rolland Hénault, l’ancien professeur de français, né à Saint-Valentin, qui fut un écrivain castelroussin quelque peu oublié, si ce n’est d’une grosse poignée d’inconditionnels berrichons. Un livre de moins de 300 pages n’est pas un livre. Ses trois derniers tomes réunis ne font pas moins de 1.500 pages. Il y raconte ses pensées du moment, ses impressions sur tel ou tel fait historique, d’actualité, tel souvenir… Des pensées éclectiques comme le sont nos pensées mais, à la différence du commun des mortels, Rolland Hénault se faisait un devoir de les retenir et de les fracasser sur l’autel du langage. C’est simple, il écrivait tout le temps. Et quand il n’écrivait pas, il pensait. Et pour penser, il marchait dans les bois, inlassablement, malaxant des impressions, tirant à hue et à dia ses idées pour en extraire une réflexion, originale, décoiffante, acerbe, sensible, dérangeante, surréaliste, anarchiste, subtile, féroce, analogique… Rolland Hénault faisait feu de tout bois, pour que ses idées se consument tranquillement. Sans doute, se disait-il qu’un jour, elles auraient raison de la rationalité apparente du monde. Sarkozy a eu droit à nombre de textes, mais il n’est pas le seul dans le monde politique. Les médias étaient une source inépuisable d’inspiration et il s’en délectait. Éternel révolté L’attachée de presse de la maison d’édition Les éditions de l’impossible, qui nous a envoyé les trois tomes, avait glissé un petit mot : « Ne soyez pas désespéré. Les envois en masse font toujours un effet négatif. Sauf qu’ici, on peut piocher où l’on veut grâce aux tables des matières… » Et c’est vrai, on puise des réflexions ici ou là. Au hasard : Quand le pape fait le zouave. Une page et demie pour rappeler qu’au XIXe siècle, il y avait jusqu’à 600 zouaves pontificaux qui travaillaient au Vatican. Et de s’en prendre copieusement à Jean XXIII. Et de rappeler que la force de frappe du souverain pontife comporte aujourd’hui 110 soldats. « C’est peu dans l’absolu, mais si on compare ce chiffre à celui de la population, 890 habitants, on constate tout de même que cela représente 12,35 % de la population… » Les digressions sont nombreuses, mais c’est ainsi que Rolland Hénault fonctionnait. Jeux de langage, jeux de mots, jeux d’impertinence, c’est ainsi qu’il aimait inscrire sa vérité. Une vérité dont il assumait la légèreté. « Moi, je ne fais que donner la tonalité. Les autres font le boulot ! Et je parle sérieusement. » Tiens donc, ce jour-là, quelque chose avait dû lui échapper, pour asséner ce sentiment de sérieux qui a conduit toute sa vie, mais qu’une apparente nonchalance cherchait à éloigner. C’était sa manière de relativiser les choses, de ne pas être en guerre contre le monde entier. Éternel révolté qui croyait au verbe autant qu’à la chair. Éternel amoureux de la vie, qui donnait au présent une continuité dans le passé. Et de s’amuser à paraphraser Georges Pérec avec son fameux Je me souviens, qu’il décline à son tour. Ecoutez plutôt : « Je me souviens que les pissotières étaient, à Issoudun, associées au tribunal. Si bien qu’on pouvait pisser sur le tribunal en toute liberté. » Du Rolland Hénault dans le texte. À lire sans modération. Et sans aucune prescription. Articles 2016-2010, articles 2009-2006, articles 2005-2001 de Rolland Hénault, aux Éditions de l’impossible. 18 € chaque volume.
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